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Les tris et éliminations dans les collections

Chaque bibliothèque se doit d'offrir à son public une collection pertinente en évitant les informations obsolètes.

Le désherbage ne rime pas avec destruction mais au contraire avec la valorisation des documents mis à disposition des lecteurs. Cette pratique s’est généralisée en France depuis les années 1980 dans toutes les bibliothèques n’ayant pas de mission de conservation.

En reprenant la métaphore horticole du jardin qu’il faut entretenir pour en préserver la beauté et la prospérité, les bibliothèques opèrent régulièrement des mises à jour de leurs collections afin d’offrir à leurs lecteurs un fonds renouvelé, équilibré et en bon état.

« Le bibliothécaire favorise la réflexion de chacun par la constitution de collections répondant à des critères d’objectivité, d’impartialité, de pluralité d’opinion. Dans ce sens, il s’engage dans ses fonctions à :

Ne pratiquer aucune censure, garantir le pluralisme et l’encyclopédisme intellectuel des collections ;

Offrir aux usagers l'ensemble des documents nécessaires à sa compréhension autonome des débats publics, de l'actualité, des grandes questions historiques et philosophiques ;

Appliquer les dispositions législatives et réglementaires concernant les collections, ainsi que les décisions de la justice, sans se substituer à celle-ci, notamment celles qui interdisent la promotion de toute discrimination et de toute violence ;

Assurer la fiabilité des informations, œuvrer à leur mise à jour permanente et à leur conformité à l’état présent des connaissances scientifiques ;

Organiser l’accès aux sources d’informations pour les rendre disponibles, y compris à distance, selon les normes professionnelles en vigueur ;
Faire connaître et mettre en valeur les collections, les ressources, les services dans le respect de la neutralité du service public ;
Faciliter la libre circulation de l’information. »

Code de déontologie du bibliothécaire, adopté lors du Conseil National de l’Association des Bibliothécaires Français le 23 mars 2003, Art.2

Le désherbage est une opération matérielle et intellectuelle délicate.La Médiathèque départementale peut vous apporter conseil. Rapprochez-vous de votre bibliothécaire référent.

Que doit-on et que peut-on désherber ?

Plusieurs critères sont à prendre en compte :

1. Veiller à l’état physique du livre :
Les livres abîmés n’incitent pas l’usager à les emprunter et à en prendre soin. Tout livre présentant des tâches dues à l’humidité est à retirer sous peine de contaminer les autres ouvrages.

2. Vérifier la fiabilité des informations :

Offrir une collection de documentaires dont les informations sont fiables et actualisées. (Vérifier la date d’édition).

3. Éviter les doubles exemplaires quand ils ne sont pas justifiés :

Éviter l’encombrement des rayonnages en limitant l’occupation des étagères à 70% pour faciliter l’emprunt et le rangement.
Permettre la mise en valeur des livres.

Comment faire ?

Le désherbage étant une élimination de biens publics, il est recommandé de vous assurer que votre collectivité vous autorise à procéder à cette opération par une délibération municipale (ou communautaire) indiquant les critères d’élimination et la destination des documents retirés.

Supprimer la notice d’exemplaire du catalogue informatisé ou mentionner « livre pilonné le... » sur le registre d’inventaire et rayer le numéro d’inventaire.

Rayer les estampilles de la bibliothèque et y inscrire « supprimé » ou « retiré des collections » ou arracher la couverture si le livre n’est pas destiné à un autre usage.

Éditer une liste des livres pilonnés.

Dans certains cas, la bibliothèque peut vendre les livres mais cela doit être approuvé par la collectivité et nécessite de mettre en place une régie. Ils peuvent également si l’Assemblée délibérante en a fait le choix, faire l’objet d’un don à des associations caritatives.
Attention, il est indispensable de détruire les documents abîmés et obsolètes (pensez au recyclage).

Ayez toujours présent à l’esprit les éléments suivants :

La question du désherbage ne se pose pas de la même manière dans une bibliothèque importante en zone urbaine, dans une petite bibliothèque isolée en zone rurale ou de montagne, ou dans une bibliothèque de recherche et de conservation.

Un désherbage trop violent empêchera des années plus tard de retrouver des premiers romans non réédités.

Si vous avez le moindre doute quant à l’intérêt patrimonial des documents retirés, ne les jetez pas, prenez conseil auprès de votre bibliothécaire référent à la Médiathèque départementale, il peut s’agir d’éditions originales, ou de « documents anciens, rares ou précieux », qui à ce titre font partie du domaine public mobilier de la personne publique propriétaire, et sont inaliénables et imprescriptibles (Art. L 2112-1 du Code général de la propriété des personnes publiques et Art. L. 1311-1 du Code général des collectivités territoriales).

La bibliothèque peut choisir de constituer un « pôle d’excellence » : un fonds local, un fonds patrimonial en lien avec un évènement particulier (accueil d’un auteur, d’un illustrateur, d’un historien local, etc.)